lunes, 22 de febrero de 2016

David Hockney celebrates 80th birthday with Tate Britain retrospective







David Hockney, fort tempérament de la peinture qui a fait coudre une poche intérieure spéciale pour son calepin de dessins dans ses blazers de gentleman, vrai Britannique qui s'enivre des saisons dans les sous-bois de son Yorkshire natal où il transporte son chevalet, fêtera ses 80 ans à la Tate Britain en 2017 avec sa plus grande exposition jamais orchestrée. Cette rétrospective anniversaire de plus de 160 œuvres - peintures, mais aussi photo-montages, vidéos et peintures sur iPad- se tiendra du 9 février au 29 mai 2017 à Londres , puis ira ensuite au Centre Pompidou à Paris et au Metropolitan Museum de New York. 
Par ailleurs, la Tate dont la partie moderne et contemporaine se dédoublera à partir du 17 juin 2016, avec l'inauguration de la tour dessinée par le duo d'architectes suisses Herzog & de Meuron (+6O% d'espace d'exposition pour ses 250 artistes provenant de 50 pays), est aussi le musée qui détient deux des plus fameux tableaux de David Hockney, A Bigger Splash (1967) et Mr and Mrs Clark and Percy (1970-1971). 

Grand Canyon

C'est donc une heureuse conjonction d'évènements en 2017. Elle combinera près de 60 ans de peinture à la Tate Britain pour l'artiste, esprit frondeur révélé au public en 1961 alors qu'il n'était qu'étudiant, et la nouvelle Tate Modern ainsi dédoublée; en 17 ans d'existence, elle déjà a transformé la South Bank de Londres depuis l'inauguration et la réhabilitation spectaculaire de cette ancienne centrale thermique en 2000. 
Tout David Hockney, éternel voyageur entre la Californie et son Île, sera donc de retour à Londres. Ses premières œuvres à l'inspiration très dandy, ses Love paintings de 1960-1961, «dans lesquelles il détourne le langage de l'expressionnisme abstrait dans un récit autobiographique et homo-érotique». Les portraits de ses amis, parents et proches et ses autoportraits qui ont habité les vingt premières années de sa vie de peintre, dandy blond aux bretelles légendaires sur chemise rayée et aux lunettes rondes si pop (Self-Portrait with Blue Guitar, 1977), modèle gay immortalisé en 1974 dans le film homonyme de Jack Hazan. 
Ses piscines californiennes où le reflet du soleil dessine des rubans de lumière, où les «boys» nagent nus et bronzent langoureusement, comme des stars incognito. Ses fabuleux montages photographiques qui multiplient les angles de vue et redonnent une poésie anglaise au désert (Pearlblossom Highway, 1986). Ce prisme lui inspirera des paysages mosaïques, du plus gigantesque avec le Grand Canyon au plus doux, avec les Yorkshire Wolds, ces petites collines des comtés du Yorkshire de l'Est et du Yorkshire du Nord.

Tapisseries aux mille fleurs 

David Hockney a déjà apporté du sang neuf à la Royal Academy of Arts (RAA) en 2012 avec ses énormes tableaux peints sur le motif dans les bois du Yorkshire, David Hockney RA: A Bigger Picture. Cette exposition monumentale, accrochée souvent au plus serré dans les salons de la RAA avait enchanté les Anglais par sa fraîcheur désarmante et sa grande faim de renouveau, déstabilisé les autres, perplexes devant ces forêts aux mauves et verts si pop, ces sous-bois traités comme des tapisseries aux mille fleurs des XVe et XVIe siècles, ces paysages aux routes jaunes bondissantes comme dans les dessins animés, aux maisonnettes rouges comme des Lego. Le visiteur de la RAA en avait plein les yeux.
C'était sans doute une question d'espace, et donc de recul comme dans un château fort. La même exposition, redéployée ensuite au Guggenheim Bilbao, y trouva sa juste mesure. La ronde de printemps de David Hockney y était envoûtante, puissante comme celle d'un jeune homme (il est pourtant né le 9 juillet 1937!). Et le monument de Frank Gehry, réputé impossible pour la peinture, y gagnait aussi en vitalité inattendue et en fougue artistique. 
Le troisième acte eut lieu au Ludwig Museum de Cologne dont l'architecture complexe changeait les lois de l'accrochage, posait d'autres problématiques et faisait la part belle aux vidéos tournées avec de multiples caméras (18 pour ses Seven Yorkshire Landscape Videos, 2011). Jusqu'au 29 février au Grand Palais, on peut voir celle des acrobates, colorée et virtuose, qui est un hommage dansant à Picasso et un des moments les plus heureux de Picasso.mania
Cette exposition est co-organisée par la Tate Britain (avec le commissariat de Chris Stephens, Head of Displays & Lead Curator, et d'Andrew Wilson, Curator Modern and Contemporary Art and Archives) , le Centre Pompidou (il présentera à Paris du 21 juin au 23 octobre 2017, une version élargie de celle de la Tate, sous le commissariat de Didier Ottinger, directeur-adjoint du Musée national d'art moderne) et le Metropolitan Museum de New York.

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